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mercredi 3 juin 2009

The Economist shooté à la connerie

LI-BER-TE. C’est au nom de ces trois syllabes mondialement connues –mais tout aussi bafouées– que The Economist, le plus conservateur des hebdos rosbeef, a de nouveau défendu la légalisation totale de toutes les drogues. Le journal s’y accroche comme un junkie à sa seringue. Vingt ans déjà qu’il milite pour, et ça n’est pas près de changer. « Notre solution n’est pas parfaite, mais un siècle d’échec dans la lutte contre les drogues plaide pour qu’on la teste », peut-on lire en page 3 de l’hebdo.
Le raisonnement est tellement tordu qu’il semble presque acceptable. Puisque les Etats sont impuissants à réfréner la consommation de drogue dans les pays développés et à contrôler la production dans les pays pauvres, autant économiser le paquet d’argent investi pour soigner les dépendances. Taxer les drogues comme on taxe le tabac ou l’alcool permettrait de financer les soins médicaux, et tant pis pour les risques. Après tout, les junkies l’ont bien choisi.
L’éditorialiste made in UK devait avoir fumé un peu trop d’opium avant de rédiger son article. Il nous ressort le bon vieux principe de responsabilité cher aux conservateurs et le coupe avec une dose mortelle de cynisme. « Il faut admettre que la consommation risque d’augmenter ». C’est froid, mais honnête. Sauf que l’honnêteté intellectuelle n’est pas une valeur politique en soi. Au mieux, c’est une recommandation. Au pire, un fossoyeur des bonnes consciences...
Liberté. Aragon s’étranglerait en apprenant qu’on n’écrit plus son nom sur le sable ni sur la neige, mais sur le dos des toxicos. Combien de journalistes à The Economist ont déjà fumé un joint ? Combien savent la douleur, le manque et les plaisirs de la drogue ? Ces néo-cons’ sucrent le droit de fumer dans les bars pour mieux s'étouffer de cigares dans leurs salons privés. Mais quand on sème du vent, que peut-on récolter, sinon de la connerie ?